Articles

Pousse-toi, Bellarmin. Pour les franciscains, c’est aujourd’hui la fête des stigmates de saint François

C’est aujourd’hui la fête de saint Robert Bellarmin (mort en 1621), l’important évêque et théologien jésuite. Ou est-ce le cas ?

Avec tout le respect dû à mes frères jésuites et à l’église universelle, pour qui aujourd’hui est le mémorial de saint Robert Bellarmine, la famille franciscaine mondiale célèbre la fête des Stigmates de saint François chaque 17 septembre. Cette célébration m’a toujours semblé étrange, du moins à première vue. Il semblerait que les Franciscains du monde entier célèbrent cinq blessures, la douleur et la souffrance qui, nous le savons, accompagnent ce qui est parfois présenté comme une grande grâce ou un don du Christ. Et cela reste gênant et même bizarre si nous restons fixés sur les plaies de la crucifixion qui sont apparues sur le corps de François.

Mais cette fête n’a en fait pas grand-chose à voir avec ces plaies en tant que telles.

Par contre, la fête des Stigmates, du moins théologiquement, est une célébration beaucoup plus complexe et robuste. Ce que nous voyons lorsque nous regardons de plus près au-delà de l’histoire contestée de l’hagiographie et de l’enquête médicale (de nombreuses études ont été écrites sur la véracité des récits des Stigmates, le plus récent étant le livre de Solanus Benfatti, The Five Wounds of Saint Francis ), n’est pas une question de ce qui est apparu à l’extérieur du Poverello, le pauvre homme d’Assise. Au lieu de cela, nous sommes invités à regarder plus attentivement à l’intérieur, à la vie intérieure d’un disciple chrétien qui ne souhaitait rien d’autre que de suivre les traces du Christ.

C’est au cœur de la fête – une reconnaissance que ce qui apparaissait extérieurement sur le corps de François reflétait sa conformité intérieure à l’exemple vécu de Jésus-Christ.

Dans sa conclusion, Benfatti écrit :

Il est essentiel de comprendre que François n’avait jamais pensé à choisir des aspects de la vie du Christ pour s’en parer, mais qu’il avait plutôt choisi quelque chose que je dirais beaucoup plus difficile parce qu’il y a beaucoup moins de contrôle dedans : il avait choisi, simplement, de suivre. François a choisi d’avancer pas à pas sur les traces du Seigneur, ce qui, je le dis, est dangereux, car qui peut savoir où cela mènera ? (p. 236, accentuation originale)

C’est le cœur de la fête – la reconnaissance que ce qui apparaissait extérieurement sur le corps de François reflétait sa conformité intérieure à l’exemple vécu de Jésus-Christ.

Souvent, nous sommes des personnes qui jugent de l’extérieur – comment quelqu’un s’habille, comment ou ce que quelqu’un parle, où quelqu’un vit, ce que quelqu’un fait, et ainsi de suite. Pourtant, comme les Écritures nous le rappellent continuellement, Dieu juge ce qui est à l’intérieur et dans nos cœurs. La fête des stigmates est une célébration d’une vie chrétienne vécue aussi pleinement et authentiquement que possible. La « grâce » qui a été donnée à François n’était pas un fardeau aléatoire ou une maladie de cirque, c’est une représentation visuelle et corporelle de ce que seul Dieu peut typiquement voir – un homme baptisé qui a vécu aussi pleinement qu’il le pouvait en portant la ressemblance du Christ.

En ce jour de fête, j’invite tous les gens – franciscains et autres – à regarder à l’intérieur, à voir comment chacun de nous porte ou non les marques du Christ dans ses pensées, ses paroles et ses actes. Peut-être ne recevrons-nous pas les marques du Christ sous la forme de cinq plaies, mais nous pourrions certainement – et devrions certainement – rendre visible la présence du Christ de toutes les autres manières.

Bonne fête!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.