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Les contraceptifs oraux ne sont pas un traitement efficace des kystes ovariens

Practice Pointers

Les contraceptifs oraux sont connus depuis longtemps pour être très efficaces dans la suppression du développement des kystes ovariens. Dans une étude, le risque relatif de développer des kystes ovariens était de 0,22 (intervalle de confiance à 95%, 0,13 à 0,39) pour les femmes prenant un contraceptif oral par rapport à celles ne prenant pas de contraceptif oral.1 Bien que les contraceptifs oraux soient couramment utilisés pour traiter les kystes ovariens, les auteurs ont cherché à clarifier si cela est approprié. Huit essais contrôlés randomisés ont été inclus dans cette revue. Bien que les études étaient trop hétérogènes pour réaliser des méta-analyses pour la plupart des questions, les résultats de ces études étaient suffisamment cohérents pour tirer plusieurs conclusions.

Cinq essais ont examiné les kystes ovariens survenant spontanément, représentant un total combiné de 398 femmes. L’étude la plus importante a inclus 141 femmes, et quatre des études ont été menées en Turquie. Les contraceptifs oraux utilisés dans ces études contenaient de l’éthinylestradiol associé au désogestrel ou au lévonorgestrel. Individuellement, aucun des cinq essais n’a trouvé un avantage statistiquement significatif de l’utilisation de contraceptifs oraux par rapport à la gestion de l’attente pour accélérer la résolution des kystes.

Trois essais avec un total de 288 participants ont évalué l’efficacité des contraceptifs oraux pour traiter les kystes ovariens chez les femmes dont l’ovulation était médicalement induite. Dans ces études, l’ovulation était induite par le clomifène (Clomid), la gonadotrophine ménopausique humaine, la gonadotrophine chorionique humaine ou une combinaison de ces médicaments. Les critères d’éligibilité pour ces études comprenaient la présence d’un kyste annexiels d’au moins 1,5 à 2 cm de diamètre. Les participantes ont été réparties au hasard entre des contraceptifs oraux monophasiques et un traitement d’attente. Les problèmes de randomisation, d’insu et d’estimation de la taille de l’échantillon étaient communs aux trois études. Aucun essai n’a permis d’observer un avantage des contraceptifs oraux par rapport à l’expectative.

L’une des constatations communes aux études incluses dans cette revue était que les kystes ovariens qui ne se résorbaient pas en deux ou trois cycles étaient souvent de nature pathologique. Par exemple, dans le cadre d’une étude menée en 2003 auprès de 62 femmes randomisées pour recevoir des contraceptifs oraux ou pour bénéficier d’une gestion expectative, 19 femmes présentaient des kystes persistants et ont par la suite subi une laparoscopie.2 Six de ces kystes étaient des cystadénomes séreux, quatre étaient des endométriomes, deux étaient des cystadénomes mucineux et un était un cystadénofibrome mucineux. Les six autres étaient des kystes folliculaires. Ces résultats reflètent le consensus général selon lequel les kystes fonctionnels se résorbent généralement en huit à douze semaines.3 Ces résultats sont également conformes aux recommandations des lignes directrices actuelles selon lesquelles les kystes ovariens de moins de 50 mm doivent être pris en charge de manière prospective pendant un maximum de trois cycles et que les contraceptifs oraux ne doivent pas être utilisés dans le cadre du traitement.4

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