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Comment écrire en vieux norrois avec des runes futhark : Le guide ultime

Je reçois souvent des demandes pour écrire en runes un mot ou une phrase en vieux norrois. Les gens ont naturellement tendance à s’attendre à ce que rien ne soit plus facile, puisque les runes ont été initialement créées pour la langue vieux norrois. Il devrait y avoir des règles sur la façon d’écrire en runes dans cette langue. Il devrait y avoir une sorte de tableau. Cependant, les tables qui donnent des runes en Futhark jeune avec des lettres, font généralement le contraire : elles expliquent comment transformer les runes en lettres. Ces tables ne sont d’aucune utilité si vous êtes intéressé par le processus inverse.

De plus, une simple table ne suffirait pas pour écrire en vieux norrois avec des runes, il faut tout un tutoriel pour apprendre à le faire de la manière dont cela aurait pu être fait sur une pierre runique de l’âge Viking ca. AD 1000.

Ayez votre texte en vieux norrois

La première étape est de s’assurer que votre texte est en vieux norrois. Notez que l’islandais moderne est très proche du vieux norrois. Les Islandais n’ont généralement aucune difficulté à comprendre des textes écrits il y a mille ans, car leur langue a très peu changé depuis cette époque. Notez également que de nombreux textes en vieux norrois sont disponibles en ligne dans l’orthographe islandaise moderne. Ainsi, nous devons nous assurer laquelle des trois options possibles nous avons réellement :

  • Texte islandais moderne
  • Texte vieux norrois en orthographe islandaise moderne
  • Texte vieux norrois en orthographe vieux norrois

Il est important de savoir si nous voulons faire l’inscription de la manière dont elle aurait pu être faite à l’époque des Vikings. Une règle simple est la suivante :

  • Si vous voyez les mots ég (‘je’) et og (‘et’), c’est de l’islandais moderne.
  • Si vous voyez ek et ok à la place, mais aussi les mots að (‘à’) et það (‘que’), et la lettre ö dans n’importe quel mot, c’est du vieux norrois en orthographe islandaise moderne.
  • Si vous voyez ek, ok, at, et þat, et aussi les lettres ø ou ǫ, c’est du vieux norrois en orthographe vieux norrois.

Choisissez votre version de l’alphabet runique du Futhark

Les gens veulent parfois écrire en vieux norrois avec les runes du Futhark ancien, simplement parce qu’elles sont visuellement plus attrayantes. Pourquoi pas. Cependant, l’alphabet runique standard pour les inscriptions runiques de l’âge Viking était le Futhark jeune. Il avait trois variantes :

  • Branche longue : Runes danoises (également souvent considérées comme l’ensemble standard du Futhark jeune).
  • Branche courte : Runes norvégo-suédoises ou Rök (variante plus minimaliste).
  • Runes sans aiguille ou Hålsinge (triomphe du minimalisme).

Les runes à branches longues sont originaires du Danemark mais ont fini par être utilisées plus ou moins dans toute la Scandinavie (et partout où les Vikings pillaient, commerçaient et buvaient). Les runes sans aiguilles n’étaient utilisées que localement. (Au fait, si vous souhaitez souligner votre ascendance norvégienne ou suédoise, je ne pense pas que votre choix soit limité par la seule option Brindille courte.)

Discriminer entre les runes lorsque c’est nécessaire

3.1. Utilisation de la rune reið ou ýr pour le r.

En proto-norse et en vieux norrois (jusqu’à une certaine époque), il y avait deux phonèmes pour le r : /r/ (rune reið) et /R/ (rune ýr). Le premier a toujours été /r/, depuis l’époque indo-européenne. Le second, /R/, avait été /s/ en indo-européen, puis /z/ en proto-germanique. Les inscriptions runiques de l’âge Viking font la différence entre les deux. La littérature en vieux norrois écrite au 13e siècle (et l’orthographe en vieux norrois, qui s’en inspire) ne le fait pas. Mauvaise nouvelle : il faut connaître l’étymologie du mot pour pouvoir l’écrire correctement dans les runes de l’âge viking. Bonne nouvelle : il existe une règle empirique qui couvre la plupart des cas. Elle suffit à faire une inscription runique authentique, car les runecarveurs de l’âge viking n’étaient pas idéaux pour faire la différence entre les deux : ils mettaient souvent ýr là où il fallait reið et vice versa.

Exemples:

kallar ‘il appelle’ (présent de l’indicatif 3ème personne du singulier) -r < -R < -z

armr ‘main’ (nominatif singulier) : -r < -aR < -az

skildir ‘boucliers’ (nominatif pluriel) : -ir < -juR < -juz < -iwiz

heiðar ‘du terrain vague’ (génitif singulier) : -ar < -ioR < -ioz

Notez toutefois que le r à la fin des mots faðir ‘père’, bróðir ‘frère’, móðir ‘mère’, dóttir ‘fille’ et systir ‘sœur’ appartient au radical et non à la terminaison, de sorte que tous ces mots ont le rune reið à la fin.

Le mot Thor a aussi reið, puisque r + R a donné r : Þórr (þur) < Þonar < ÞunraR < Þunraz

3.2. Utilisation de la rune ár ou ą́ss pour a.

La rune ą́ss < ansuz était utilisée pour un /ã/ nasalisé, c’est-à-dire pour les groupes an + consonne dans l’orthographe standard du vieux norrois. Exemple : L’Angleterre était orthographiée ikląt dans les inscriptions runiques :

La rune ár était utilisée pour a et á dans toutes les autres positions (mais parfois aussi pour /ã/).

3.3. Utilisation de la rune nauð ou rien pour n ; rune maðr ou rien pour m

Toutes les autres voyelles nasalisées n’avaient pas de runes spéciales pour elles, donc chaque fois que vous avez un groupe de voyelle + n + g, d, rendez-le comme voyelle + g, d (sans rune nauð). Utilisez nauð pour n dans tous les autres cas. Exemple : konung était orthographié kunukR dans les inscriptions runiques:

Il en va de même pour les groupes voyelle + m + b : rendez-le comme voyelle + b (sans rune maðr). Utilisez maðr pour m dans tous les autres cas.

3.4. Utilisation de la rune fé ou úr pour v.

Avant les voyelles, v était orthographié avec la rune úr. Exemple : viking (au sens de raid, pas de personne) était orthographié uikik dans les inscriptions runiques :

La rune fé était utilisée pour v dans toutes les autres positions.

3.5. Utilisation de úr ou ár + úr pour o.

O et ó sont généralement orthographiés comme úr dans les inscriptions runiques et seulement occasionnellement comme ár+úr. Notez, cependant, que ok ‘et’ était presque toujours orthographié auk:

Référer à ce tableau général

Les variantes de rune qui vont en premier apparaissent plus fréquemment dans les inscriptions runiques de l’âge Viking. S’il y a une référence à un paragraphe ci-dessus, l’utilisation des variantes dépend d’une règle.

a, á ou (3.2) p, b, mb
b, mb, p r ou (3.1)
d, nd, t s
e, é ou , rarement

t, d, nd
f, v u, ú
g, ng, k v ou (3.4)
h x
i , í y, ý ou
j z
k, g, ng ø, ǿ (œ) ou
l ǫ, ǫ́ ou , rarement

m æ , rarement
n ei
o, ó ou

(3.5)
þ, ð

Ne pas utiliser de doubles runes

Les inscriptions runiques de l’âge Viking ne comportent normalement pas deux runes identiques dans une rangée. Ceci est valable même pour deux runes qui appartiennent à deux mots différents, l’une à la fin d’un précédent, l’autre au début d’un suivant (si aucun séparateur n’est utilisé). Cf. raþu pour rað þu ci-dessous.

Utiliser des points ou des signes x comme espaces

Les inscriptions runiques de l’âge Viking soit n’ont pas du tout de séparateurs entre les mots, soit utilisent des points, des combinaisons de points ou des signes x comme séparateurs.

(Facultatif) Commencez votre inscription avec une formule traditionnelle

Certaines inscriptions runiques commencent par les mots Rað þu (Interpréter !) ou Rað þu runar (Interprétez les runes !):

L’inscription runique U 29 (pierre Hillersjö) comporte le mot raþu dans l’œil d’un dragon (voir l’image ci-dessus à gauche).

Ce tutoriel est © copyright. Aucune partie de celui-ci ne peut être copiée ou reproduite.

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