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22.6.2. Les hormones eicosanoïdes sont dérivées des acides gras polyinsaturés

L’arachidonate, un acide gras 20:4 dérivé du linoléate, est le principal précurseur de plusieurs classes de molécules de signalisation : prostaglandines, prostacyclines, thromboxanes et leucotriènes (figure 22.30).

Figure 22.30

L’arachidonate est le principal précurseur des hormones eicosanoïdes. La prostaglandine synthase catalyse la première étape d’une voie menant aux prostaglandines, aux prostacyclines et aux thromboxanes. La lipoxygénase catalyse l’étape initiale d’une voie menant aux leucotriènes. (suite…)

Une prostaglandine est un acide gras à 20 atomes de carbone contenant un cycle à 5 atomes de carbone (figure 22.31). Une série de prostaglandines est façonnée par des réductases et des isomérases. Les principales classes sont désignées par les lettres PGA à PGI ; l’indice indique le nombre de doubles liaisons carbone-carbone à l’extérieur du cycle. Les prostaglandines à deux doubles liaisons, comme la PGE2, sont dérivées de l’arachidonate ; les deux autres doubles liaisons de ce précurseur sont perdues pour former un cycle à cinq chaînons. La prostacycline et les thromboxanes sont des composés apparentés qui proviennent d’une prostaglandine naissante. Ils sont générés respectivement par la prostacyline synthase et la thromboxane synthase. L’arachidonate peut également être converti en leucotriènes par l’action de la lipoxygénase. Ces composés, trouvés pour la première fois dans les leucocytes, contiennent trois doubles liaisons conjuguées, d’où leur nom. Les prostaglandines, la prostacycline, les thromboxanes et les leucotriènes sont appelés eicosanoïdes (du grec eikosi, « vingt ») car ils contiennent 20 atomes de carbone.

Figure 22.31

Structures de plusieurs eicosanoïdes.

Les prostaglandines et autres eicosanoïdes sont des hormones locales car elles ont une courte durée de vie. Elles modifient les activités à la fois des cellules dans lesquelles elles sont synthétisées et des cellules adjacentes en se liant à des récepteurs 7TM. La nature de ces effets peut varier d’un type de cellule à l’autre, contrairement aux actions plus uniformes des hormones globales comme l’insuline et le glucagon. Les prostaglandines stimulent l’inflammation, régulent le flux sanguin vers des organes particuliers, contrôlent le transport ionique à travers les membranes, modulent la transmission synaptique et induisent le sommeil.

Rappelons que l’aspirine bloque l’accès au site actif de l’enzyme qui transforme l’arachidonate en prostaglandine H2 (section 12.5.2). L’arachidonate étant le précurseur d’autres prostaglandines, de la prostacycline et des thromboxanes, le blocage de cette étape affecte de nombreuses voies de signalisation. Cela explique les effets très variés de l’aspirine et des composés apparentés sur l’inflammation, la fièvre, la douleur et la coagulation du sang.

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